« La revitalisation rurale » : tel était le thème prioritaire choisi par l'association des Cigales de Bretagne (ACB) pour son assemblée générale qui s’est tenue le samedi 3 décembre 2011 à Augan (Morbihan).

Environ trente personnes, d'implantation rurale comme citadine, étudiants et cigaliers (anciens et nouveaux, représentant une dizaine de clubs en Bretagne), ont participé à cette journée animée par Olaf Malgras, membre de la cigales La Boussole. Nous étions accueillis, avec beaucoup d’attention, par le café-épicerie coopératif Le Champ Commun. Parfaite illustration du thème de la journée puisque le lieu, en cours de développement, est porté par un collectif qui a fait de la revitalisation rurale l’axe essentiel de son projet, à travers ses activités économiques d'épicerie et de café.

Au cœur des valeurs portées par les Cigales, cette thématique interpelle manifestement. Voici quelques idées, parmi d’autres, évoquées lors des débats et des échanges d’expériences :

 

Rural…et moderne. Les clubs localisés en milieu rural sont par nature très sensibles à un thème qui offre aux cigaliers l'opportunité d'être acteurs du développement d’un territoire. Mais pas à n’importe quel prix : les critères d’innovation ou d’un « savoir-vivre » respectueux de son environnement ont ainsi été mis en avant. On a surtout envie de soutenir des projets qui bousculent les idées reçues et qui savent concilier modernité et respect de la place de l'homme dans son territoire.

 

Les « urbains » aussi. Le thème pourrait sembler beaucoup plus éloigné des préoccupations des clubs implantés en milieu urbain. Il n’en est rien. D’abord parce qu’il y a naturellement des liens étroits entre l'espace rural et l'espace urbain, l'un ne pouvant vivre sans l'autre. Ensuite parce qu’on retrouve, en ville, le même désir de recréer du lien social et de la vie collective dans des quartiers souvent menacés de devenir de simples « dortoirs ». C'est certainement une gageure d'implanter une épicerie dans un petit bourg ; ça l'est tout autant dans un quartier, compte tenu des modes de vie et de consommation les plus répandus.

 

Jouer collectif. Pour répondre à cette aspiration grandissante à voir renaître ou se développer des commerces de proximité et une vie sociale, à visage découvert, il ne faut pas être seul. Une des clés de la réussite est de savoir s'appuyer sur un collectif de personnes et des réseaux humains, pour permettre le démarrage d’un projet et le faire vivre durablement.

 

Un marché…pour que ça marche. Comme pour tout projet d'entreprise, il faut des clients ! Et il faut savoir proposer des biens ou des services à un prix que ceux-ci peuvent accepter. Avec sa zone de chalandise généralement étendue, une entreprise en contexte rural présente, de ce point de vue, une particularité qui peut se transformer en difficulté si elle n’est pas anticipée. Ceci dit, l'accès au financement par les banques est-il différent pour un projet en milieu rural ? Sans doute que non. Un meilleur financement par les banques dépend de critères invariables selon l'environnement géographique dans lequel se place le projet d'entreprise.

 

 

L’apport des Cigales. Sur tous ces aspects, l'ACB est là pour apporter davantage d'expertise technique. Des outils existent déjà :

-les soirées thématiques animées par la commission Formation, dont chaque participant reconnaît la pertinence (grande capacité de vulgarisation des questions techniques, contenu concret et efficace, outils directement utilisables).

-le rôle de la commission Entreprise qui aide à discerner quelle expertise peut être apportée pour des problèmes rencontrés par une entreprise cigalée et relayés par son parrain cigalier.

D’une manière générale, les travaux menés par l'ACB, au sein de ses 3 commissions (les deux déjà citées + la commission Développement) ont vocation à être capitalisés et redistribués aux clubs. Chaque cigalier peut ainsi en bénéficier, mais aussi, en retour, partager sa propre expertise.