Passer de l’intention à l’action est un acte fondamental, dans le domaine de la finance solidaire.

La semaine de la Finance Solidaire 2010 m’a donné l’occasion de me faire une toile, dans un cinéma très accueillant, à Guichen : Let’s Make Money, de Erwin Wagenhofer.

C’est un documentaire donnant l’ampleur des moyens concentrés dans la finance mondialisée, et les effets pervers que la cupidité qu’elle attire peut générer. Son contenu est assez saisissant, d’autant plus avec l’actualité économique et financière qui nous arrive en ce moment.

Au sortir du film, il y a de quoi se sentir désemparé. Il y a pourtant des mouvements qui ont une dynamique radicalement opposée à cette finance sans complexes et sans scrupules. Le sens, l’éthique des Cigales en est un exemple. Il en existe de multiples autres, ayant chacun des degrés divers de solidarité, mais partageant, au moins en partie, d’autres considérations sur ce que l’on souhaite voir se construire, à l’aide de notre épargne. Cependant, nous ne sommes pas dans la même échelle. Que représentent les produits d’épargne solidaire vis-à-vis de l’ensemble de l’épargne des ménages des français ? C’est de l’ordre de 1 pour 1000. C’est une partie infinitésimale.

Infinitésimale mais surtout porteuse de sens, et d’efficacité sociale, sociétale, et environnementale. Elle est porteuse, auprès des épargnants qui sont à la source, car c’est un acte volontaire de notre part. Et elle est aussi porteuse dans l’usage qui en est fait.

Et si on franchissait le pas de transférer, tous, même 1% de notre épargne dans ce qu’on appelle l’épargne solidaire ...

Je voudrais mettre en valeur une autre dimension qui a une importance considérable : nous cigaliers, avons franchi le pas de passer à l’acte. Ne se contentant pas seulement de bonnes intentions sur la façon de construire notre épargne, nous avons fait le pas de nous engager dans un club Cigales. Cet acte fondamental est un formidable témoignage d’engagement dans l’action. Et le fait de passer de l’idée à l’acte n’est pas anodin, il faut le saluer.

Je suis persuadé que chaque passage à l’acte est une nouvelle pierre qui se pose dans l’édifice d’une économie porteuse de valeurs humaines que nous cherchons à construire ensemble. Aussi modeste cela soit-il en valeur financière, face à cette finance mondiale impersonnelle et amorale, tout le sens, les valeurs sociale et sociétale qu’elle porte, sont extrêmement riches de liens, et de liant entre toutes les pierres que nous posons.

Vincent VANDERHAGHEN animateur de la commission développement