Les tourmentes que nous constatons au quotidien, tourmente économique, tourmente financière, tourmente spéculative, tourmente sociale qui en découle, sont pour le moins très déroutantes.

Quand on voit à quel point sur le plan macro-économique les mécanismes semblent fonctionner à l’envers, il faut de la persévérance et de la détermination dans notre action de cigalier, en cherchant à agir et à proposer une autre façon de vivre une économie plus saine, en l’utilisant comme un moyen de construire une société plus humaine, à l’image du colibri tel qu’on le présente dans ce conte exotique.

Cela se passe dans la forêt amazonienne. Dans cette forêt, l’on voit des arbres à perte de vue, mais en regardant un peu mieux, on aperçoit un arbre plus grand et plus haut que tous les autres. Cet arbre est habité par une grande diversité d’êtres vivants. Et tout ce petit monde piaille, joue, discute … vit en harmonie. Mais un jour, arrive un grand malheur, l’arbre prend feu et les oiseaux impuissants s’élèvent dans le ciel contemplant leur arbre partir en fumée. A travers la fumée, ils distinguent un petit oiseau qui va à la rivière prendre une goutte d’eau dans son bec et la déposer sur l’arbre. Il retourne à la rivière prendre une goutte d’eau dans son bec et la jette sur l’arbre et retourne encore à la rivière inlassablement, prend une goutte d’eau dans son bec et la dépose sur l’arbre. Et ce petit oiseau, c’est un colibri. Vous savez, ce petit oiseau multicolore avec un long bec pour sucer le nectar des fleurs. " Mais colibri, que fais-tu ? Viens ! Cela ne sert à rien, viens rejoins-nous ! " " Je fais ma part, je fais ma part de travail pour éteindre le feu ! " " Et vous aussi, venez faire votre part ! Votre part de travail pour éteindre le feu. " Les oiseaux se regardent, perplexes. Et dans un même élan, ils s’élancent vers la rivière, prennent une goutte d’eau dans leur bec et la déposent sur l’arbre, puis retournent à la rivière prendre une goutte d’eau dans leur bec et la jettent sur l’arbre et retournent encore à la rivière, inlassablement prennent une goutte d’eau dans leur bec et la déposent sur l’arbre.Et ces millions de gouttes d’eau forment une pluie si fine et si dense que le feu finit par s’éteindre. Depuis ce jour, l’arbre a reverdi, l’harmonie est revenue en son sein et chacun a gardé en mémoire qu’il doit faire sa part. L’action d’un club Cigales dans notre société, c’est comme le colibri de ce conte. Elle est insignifiante, mais c’est bien à travers son action, et par sa persévérance et sa détermination, qu’elle est un témoignage d’une autre façon de vivre l’économie concrète. Ses effets peuvent se faire sentir, quand on peut démultiplier cette action. Faisons notre part, et gageons qu’elle sera imitée afin de faire prendre une tournure plus humaine à tout ce qui nous entoure.

Vincent VANDERHAGHEN animateur de la commission développement