En ce début d’année 2011, Il semblerait, quand on constate l’incroyable succès d’un petit livre [1] paru récemment (plus de 700.000 exemplaires vendus !!), que l’indignation soit devenue un véritable phénomène de mode.

Pourquoi ne pas s’indigner, me direz-vous, il y a tellement de raisons de le faire.

Peut-être, mais il faut bien y réfléchir, d’abord parce que l’indignation est un sentiment, c’est très affectif l’indignation, mais souvent si peu rationnel ; ensuite et surtout parce que l’indignation est toujours tournée contre « les autres », très rarement vers soi. Quant à moi, je n’ai jamais entendu quelqu’un me dire que son propre comportement, ses propres actions ou sa propre personne l’indignaient.

Or, si l’indignation n’est pas immédiatement un déclencheur de l’action, elle risque de sombrer dans l’autosatisfaction et l’immobilisme : Puisque je me suis indigné (souvent à grands cris), ouf, j’ai fait mon boulot !!

Lors d’une soirée-débat récemment, je faisais se heurter deux chiffres :
- la totalité de la Finance Solidaire en France, c’est 2,4 milliards d’euros ;
- la totalité des avoirs financiers (Livrets, SICAV, etc.) des Français, 3.500 milliards d’euros.

C’est vous, c’est moi, c’est chacun de nos concitoyens, qui sommes responsables de cette répartition, qui ne mettons pas beaucoup (et pour la grande majorité rien du tout) dans la Finance Solidaire et tout le reste bien au chaud, pour que, comme disent les publicités, notre épargne fasse des petits (des petits quoi au fait ?).

Si nous bougions le curseur de 1‰, cela ferait 3,5 milliards d’euros, soit plus que doubler la Finance Solidaire, alors avec 1%, soit 35 milliards, la Finance Solidaire deviendrait un vrai levier de transformation de l’économie : ça serait plus efficace que de vouloir faire sauter les banques (Je ne vise personne, suivez mon regard !).

Au-delà de l’indignation, le mouvement des Cigales c’est une mise en action immédiate :
- mettre au service des porteurs de projet une part significative de son épargne,
- choisir des projets concrets et les accompagner dans la durée,
- accepter de se former pour entrer un peu dans la complexité de la vie économique des toutes petites entreprises.

Alors en ce début d’année, je vous souhaite de vous indigner, à condition que ce soit pour entrer, et convaincre de plus en plus ceux qui sont autour de vous d’entrer, résolument dans l’action.

Jean-François MICHON Président