Lors d’un récent café citoyen auquel j’avais été invité pour présenter les Cigales, j’ai été interpellé par un participant, me demandant où était le « piège », complètement incrédule à l’idée que dans la société d’aujourd’hui on puisse mobiliser des sommes importantes sans vouloir en retirer un profit financier élevé.

Et j’ai maintenu que, outre la récupération de nos économies en euros constants sept ou huit ans plus tard, notre seul intérêt résidait dans la pérennité des entreprises que nous aidions et dans la création de lien social .

La création de lien social, c’était justement le sujet sur lequel l’ACB nous a convié à réfléchir en assemblée générale le 26 septembre à Pléguien en Côtes d’Armor.

« Pourquoi pouvons-nous dire que nous créons du lien social ? »

Il ne s’agit pas pour moi de faire ici un procès-verbal exhaustif de tout ce qui a été dit, mais de relever certains points que j’ai ressentis plus fortement.

D’abord on crée du lien social par l’appartenance à un réseau dans lequel « on peut se parler ». Oui, « se parler », ce qui n’est pas pareil que « parler », parce que dans « se parler » il y a aussi le fait de s’écouter et même parfois d’accepter de remettre en cause son idée de départ ou sa conviction.

Ensuite il faut relever que créer, « créer du lien social », c’est un verbe d’action. On ne crée rien si on ne fait rien , l’appartenance est un préalable, mais ça ne suffit pas.

Alors où pouvons-nous agir, en tant que cigaliers, pour contribuer à créer du lien social ?

D’abord, bien évidemment dans nos clubs, en participant à la vie de notre club, aux réunions, aux échanges et aux discussions autour des projets et avec les porteurs de projets.

En s’engageant dans le parrainage et dans une relation continue et de proximité discrète avec le chef d’entreprise.

Dans l’Association des Cigales aussi, en travaillant avec des cigaliers venant d’autres clubs à la promotion et au développement du réseau des Cigales.

Dans le réseau de la création solidaire, en apportant notre contribution à la réussite des projets soutenus ensemble, pour que la logique de coopération démontre son efficacité face à la seule logique de compétition .

Certains diront que ces actions de financement et d’accompagnement peuvent très bien être menées, de façon très efficace, à titre personnel. C’est probable, mais, et je terminerai par ça, ne pensez-vous pas que créer du lien social c’est aussi accepter de substituer à une démarche purement individuelle, une démarche collective : c’est le chemin suivi par les CIGALES.

Jean-François MICHON, Président